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Publié le 7 Juin 2011 | ![]() |
Le plus influent critique de vin, l'Américain Robert Parker, s'alarme du "jeu très dangereux" pour Bordeaux que constituerait une nouvelle hausse des prix des grands vins bordelais après la campagne des primeurs.
Le plus influent critique de vin, l'Américain Robert Parker, s'alarme du "jeu très dangereux" pour Bordeaux primeurs 2010.
La place de Bordeaux est en pleines tractations pour fixer les prix du nouveau millésime, celui de 2010, accueilli avec enthousiasme pendant les primeurs par les dégustateurs du monde entier. Ces nouveaux tarifs, attendus pour la fin juin, arrivent après une envolée des prix pour le millésime 2009 également couvert de louanges.
Robert Parker, qui a publié début mai ses notes tant redoutées sur la cuvée 2010 de nombreux crus bordelais, juge que "ce serait une erreur" d'augmenter à nouveau les prix. Si la dernière cuvée, celle de 2010, sort à des "prix plus élevés que 2009, on peut s'attendre à une crise financière ou à l'émergence d'une bulle pour les grands vins de Bordeaux", avertit-il, en préconisant une baisse de 10 à 20%.
Le patron du Wine Advocate, une publication qui compte 18.000 abonnés et 41.000 sur son site internet "ne pense pas que ce soit de (sa) responsabilité de dire (aux producteurs) comment fixer leurs prix". Mais il s'est dit "attristé" de voir dans son pays, avec un "dollar faible", la "perte de parts de marché des bordeaux sur les cartes de restaurants ou chez les cavistes, car les prix semblent trop élevés". "Bordeaux c'est l'épicentre des meilleurs vins" du monde et "je déteste voir son image abîmée, au moins aux Etats-Unis, parce que les gens ont tendance à croire que les prix sont trop chers", explique ce "passionné" des vins bordelais.
"Bordeaux se concentre trop sur les marchés riches d'Asie", déplore-t-il, estimant que ce serait "un jeu très dangereux d'augmenter les prix car l'économie mondiale est très, très fragile". "Les baisser par rapport à 2009 serait une démarche intelligente", un "signe très positif pour les marchés et pour les consommateurs", préconise-t-il.
Source : AFP, 07/06/2011