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Le bordeaux entre deux eaux
Mardi 5 Mai 2009
Le client particulier, amateur de vins fidèle et éclairé aux moyens financiers limités, fait son grand retour avec le millésime 2008, reconquis par des prix raisonnables après trois années d'euphorie bordelaise. Si les ventes de Bordeaux Primeurs 2008 reprennent de la vigueur auprès la grande distribution et à l'export depuis la parution de bonnes notes Parker, c’est bien "le vrai buveur de vins", celui qui achète moins pour spéculer que pour déguster, qui est en train de sauver du désastre la campagne Bordeaux Primeurs 2008.

Le retour du vrai buveur de vin
Pour retrouver les faveurs de leur clientèle traditionnelle, les grands châteaux ont dû consentir des rabais importants sur leur 2008. L'Angélus (Saint-Emilion) a annoncé la couleur avec - 45 %. Ont suivi tous les grands Premiers : les châteaux Margaux, Latour, Lafite, Haut-Brion et Yquem.

En restituant aux intermédiaires et aux consommateurs finaux une bonne partie de leurs marges, les propriétaires bordelais ont adopté "une stratégie payante", selon Michel Rolland, l'œnologue français le plus consulté au monde. "Nous voyons revenir des acheteurs qui avaient disparu depuis quatre ans", observe Emeric Sauty de Chalon, Président de la société 1855. Même constat chez les concurrents.

Une stratégie payante
Bordeaux souffle, mais Bordeaux va encore souffrir. La filière n'a pas fini de payer le prix de ses griseries. Car dans les chais des grands crus classés, dort une bombe à retardement : le stock de 2007. Bien qu'il compte de jolies réussites, ce millésime est unanimement jugé de qualité inférieure au 2008. Or, au cours auquel il a été acquis par les distributeurs, en moyenne moitié plus cher que le 2008, il a toutes les chances d'être invendable…


© Jean-Francis Pécresse, Les Echos